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Icônes bleues

Les Icônes bleues

Comme des talismans rappelant la magie des végétaux, un cyanotype représente une ombre
végétale invisible captée par le soleil.

Le symbolisme des icônes : inspirations

Les icônes dans l’univers orthodoxe ont comme mission de porter en eux le monde irréel.
Ce sont des images terrestres accueillant l’image divine et matérialisant sa présence parmi nous.

Certains textes évoquent les Fayoum comme ancêtres des icônes. Les Fayoum (1er siècle) sont des portraits funéraires égyptiens qui étaient placés au niveau du visage entre les bandelettes de la momie. Les plus nombreux ont été retrouvés dans l’oasis du Fayoum, d’où leur nom. Ce sont des richesses archéologiques préservées par le sable et le climat du désert, d’une beauté incroyablement émouvante.
Les Fayoum ont le même objectif qu’une icône : symboliser la présence de celui qui n’est plus là par sa représentation.

Réalisés sur une plaque de bois à la cire chaude, les pigments naturels sont broyés et mélangés à de la cire d’abeille chauffée. La cire refroidissant vite, les portraits sont peints rapidement. Cet art a été transporté par les Grecs jusqu’aux Romains. D’abord cultes païens, les premiers iconographes reprirent la technique des Fayoum pour peindre les premières icônes.

L’ancien Testament interdisait de reproduire une image de ce qui était invisible, et surtout d’y vouer un culte. Mais le fils de Dieu venu sur Terra dans le corps d’un homme a bouleversé cette vision. Nous pouvions voir la nature divine dans un corps humain. La première icône est donc celle de Jésus Christ.

« Qui me voit, voit celui qui m’a envoyé » (Jean 12,19)

L’objectif est de révéler petit à petit le monde invisible au visible. 

La conception des icônes est très réglementée et ce, depuis 787 avec le concile de Nicée. Divers courants et règlements furent créés depuis qui déterminent chacun des lieux, des supports et des matériaux devant être utilisés. Les couleurs ainsi que les proportions doivent être soigneusement respectés pour que l’oeuvre soit reconnue comme une icône. L’écriture d’une icône s’accompagne de prières et de méditations et est une véritable expérience en soi.

Mais quel rapport entre mes cyanotypes, les fayoums et les îcones ?

Mes cyanotypes représentent l’image naturelle d’une plante et nous apportent sa compagnie.

J’aime penser que le cyanotype devient sacré, nous apportant l’image de l’Esprit Saint de la Nature, accompagnant les
empreintes des plantes des multitudes de légendes qui les définissent et des bienfaits qu’elles nous
apportent.

Je reprends l’imagerie des icônes car je la trouve belle et sensible.
Une Marie qui porte la nature comme son enfant est une image méditative qui me plaît et m’apaise.
La conception de la composition d’un cyanotype est une expérience méditative comme l’écriture d’une icône.

Un peu partout dans ce que je fais, vous retrouverez ce principe :

La nature est divine, nous pouvons retrouver le divin à l’intérieur de nous et tout autour de nous. 

Cette philosophie nous la retrouvons dans le non-dualisme hindou mais aussi chez les mystiques chrétiens, tels les Rhénans comme Hildegarde von Bingen, Maître Eckhart, Suso, Tauler… ils sont chers à mon coeur car venant de la Rhénanie.

Les mains : la tradition rhétorique

Chaque position de la main possède sa signification, telles les mudras bouddhistes. Depuis l’Antiquité, il existe des codes dans la gestuelle des mains. Ces codes étaient utilisés par les orateurs lorsqu’ils effectuaient des discours à l’agora ou au sénat. Nous pouvons retrouver dans les icônes par exemple la main levée afin de prévenir qu’un discours va être prononcé.

Un geste se retrouve aussi beaucoup dans mes cyanotypes : le geste de la bénédiction. Dans l’inconographie orthodoxe, ce geste de la main représente la Trinité, Les lettre IC XC (l’abréviation de Jésus (IHCOYC) Christ (XPICTOC) en grecs ) évoquant le « Nom au-dessus de tout nom ».

Dans mes cyanotypes j’utilise les mains afin d’associer la bénédiction gestuelle et la bénédiction de la nature
mais surtout de symboliser le discours entre la nature et  l’homme ainsi que l’union qui en découle.

La technique des cyanotypes

Le cyanotype est un procédé photographique monochrome datant du 19ème siècle (1842). Ce procédé permet de capter l’empreinte d’une plante ou d’un négatif photo, ou de tout autre objet grâce à un mélange photosensible composé de Citrate d’ammonium ferrique et de Ferricyanure de potassium.

Avec cette technique, je peux utiliser la nature comme médium. Grâce au soleil, aux plantes, et aux différentes iconographies que je rencontre, je crée des photographies couleur bleu de Prusse.

Chaque cyanotype est ainsi unique, variant selon l’intensité des UV du jour, du placement des éléments et du choix des plantes…

La méditation se retrouve dans la conception de l’image (disposition des plantes, utilisation de photographie, de dessins et d’icône) mais aussi lorsque la magie opère, au moment où le bleu surgit afin de laisser apparaître l’empreinte attendue.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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